PASS vs LAS : Décryptage des Voies d’Accès à la Faculté de Médecine

La réforme des études de santé a profondément modifié le paysage universitaire français depuis 2020. Fini le concours de la PACES, place au PASS et à la LAS qui constituent désormais les deux principales voies d’accès aux formations médicales. Cette transformation vise à diversifier les profils des futurs professionnels de santé tout en réduisant le taux d’échec massif du système précédent. Pour les lycéens et leurs familles, comprendre ces nouveaux parcours devient fondamental pour faire des choix d’orientation éclairés. Quelles sont les différences entre ces deux voies? Quels avantages et inconvénients présentent-elles? Comment optimiser ses chances de réussite? Analysons en détail ces questions pour vous guider dans cette orientation déterminante.

La réforme des études de santé : contexte et enjeux

La réforme des études de santé, mise en œuvre par la loi du 24 juillet 2019 relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, marque un tournant majeur dans l’accès aux formations médicales en France. Cette transformation structurelle répond à plusieurs problématiques qui affectaient l’ancien système dominé par la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé).

Avant 2020, la PACES constituait un véritable goulot d’étranglement pour les aspirants aux métiers de la santé. Avec un taux d’échec avoisinant les 80%, ce système générait une forte pression psychologique et un gaspillage considérable de talents. Des milliers d’étudiants se retrouvaient en situation d’échec après une année d’études intensives, sans possibilité de valoriser leurs acquis dans d’autres cursus. Cette situation était particulièrement préoccupante dans un contexte de pénurie de professionnels de santé dans certains territoires et spécialités.

La réforme vise plusieurs objectifs fondamentaux. D’abord, elle cherche à diversifier les profils des futurs médecins, pharmaciens, dentistes et sages-femmes en ouvrant l’accès à ces filières via différents parcours universitaires. Ensuite, elle ambitionne de réduire le taux d’échec en première année et d’offrir une véritable seconde chance aux étudiants. Enfin, elle s’efforce de décloisonner les formations en santé et les autres disciplines universitaires.

Concrètement, cette réforme a donné naissance à deux voies d’accès principales aux études de santé :

  • Le PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) : une année universitaire majoritairement dédiée à la santé, mais incluant une mineure dans une autre discipline
  • La LAS (Licence Accès Santé) : une licence classique dans n’importe quelle discipline, complétée par une mineure santé

Cette dualité des parcours représente un changement paradigmatique dans la conception même des études médicales en France. Elle traduit une volonté politique forte de transformer l’enseignement supérieur en santé pour l’adapter aux enjeux contemporains du système de soins. Les facultés de médecine françaises ont dû repenser entièrement leur offre de formation et leurs modalités de sélection.

La mise en œuvre de cette réforme s’est accompagnée de défis considérables pour les universités, contraintes d’adapter leurs infrastructures, leurs équipes pédagogiques et leurs systèmes d’évaluation dans des délais relativement courts. Pour les lycéens et leurs familles, cette transformation a engendré de nouvelles interrogations et stratégies d’orientation, nécessitant une compréhension fine des spécificités de chaque parcours.

Le PASS : organisation, contenu et spécificités

Le PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) constitue l’héritier le plus direct de l’ancienne PACES, tout en présentant des différences structurelles significatives. Ce parcours s’adresse prioritairement aux étudiants dont le projet professionnel est clairement orienté vers les métiers de la santé.

Structure et organisation pédagogique

Le PASS s’articule autour d’une majeure santé (environ 70% du volume horaire) complétée par une mineure dans une autre discipline (environ 30%). Cette organisation vise à garantir une réorientation facilitée en cas de non-admission dans les filières de santé.

La majeure santé comprend les enseignements fondamentaux nécessaires à la poursuite d’études médicales :

  • Sciences fondamentales : biochimie, biologie cellulaire, biologie moléculaire
  • Anatomie et physiologie humaine
  • Sciences médicales : histologie, embryologie
  • Sciences pharmaceutiques : chimie, pharmacologie
  • Santé publique et sciences humaines et sociales

La mineure, quant à elle, varie selon les universités et peut concerner des domaines divers : droit, économie, psychologie, biologie, chimie, physique, mathématiques, langues, etc. Chaque étudiant choisit sa mineure en fonction de ses centres d’intérêt et de son projet de réorientation potentiel.

Modalités d’évaluation et de sélection

L’évaluation en PASS repose sur deux semestres d’enseignements, généralement sanctionnés par des examens terminaux. Contrairement à l’ancienne PACES, le PASS intègre souvent une part de contrôle continu, permettant aux étudiants de se situer progressivement dans leur parcours.

La sélection pour l’accès aux filières de santé (médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie) s’effectue en deux temps :

Une première phase d’admissibilité basée sur les résultats académiques de l’année. Les étudiants ayant obtenu une moyenne suffisamment élevée sont admissibles à la seconde phase.Une seconde phase d’admission comportant généralement des épreuves orales ou des examens de dossier visant à évaluer des compétences transversales : motivation, capacité de réflexion, aptitudes relationnelles, etc.

Un point fondamental à souligner : le PASS ne peut être redoublé. En cas d’échec, l’étudiant doit se réorienter, généralement vers la deuxième année de la licence correspondant à sa mineure, avec la possibilité de candidater ultérieurement via la LAS.

Forces et limites du PASS

Le PASS présente plusieurs atouts majeurs. Il offre une immersion rapide et intensive dans les disciplines scientifiques liées à la santé. La concentration des enseignements médicaux permet d’acquérir rapidement les bases théoriques nécessaires. Par ailleurs, les promotions PASS bénéficient généralement d’un encadrement pédagogique spécifiquement adapté aux exigences des études médicales.

Néanmoins, ce parcours comporte certaines limites. L’intensité du programme et la pression de la sélection peuvent générer un stress considérable. L’absence de possibilité de redoublement constitue une contrainte forte qui exige une adaptation rapide aux méthodes de travail universitaires. Enfin, la mineure, bien que présente dans le cursus, occupe une place relativement restreinte, ce qui peut compliquer la réorientation en cas d’échec.

La LAS : une voie alternative aux multiples facettes

La LAS (Licence Accès Santé) représente l’innovation majeure de la réforme des études de santé. Elle matérialise la volonté d’ouvrir l’accès aux formations médicales à des profils diversifiés et de décloisonner les disciplines universitaires. Cette voie alternative s’adresse aux étudiants souhaitant conjuguer un parcours disciplinaire classique avec la possibilité d’intégrer les études de santé.

Principes et organisation des études

Contrairement au PASS, la LAS s’articule autour d’une majeure disciplinaire (représentant environ 80% du volume horaire) complétée par une mineure santé (environ 20%). L’étudiant s’inscrit donc principalement dans une licence classique – droit, économie, lettres, sciences, STAPS, etc. – tout en suivant des enseignements complémentaires en santé.

La majeure disciplinaire correspond au programme standard de la licence choisie. L’étudiant suit l’intégralité des cours fondamentaux de sa discipline, au même titre que les étudiants inscrits en licence classique. Cette immersion complète garantit une formation solide dans le domaine principal d’études.

La mineure santé, quant à elle, comprend une sélection d’enseignements fondamentaux nécessaires à la poursuite d’études médicales :

  • Bases de biochimie et biologie cellulaire
  • Éléments d’anatomie et de physiologie
  • Initiation aux sciences médicales
  • Introduction aux problématiques de santé publique

Cette organisation présente l’avantage considérable de permettre à l’étudiant de poursuivre son parcours dans sa licence principale en cas de non-admission dans les filières de santé, sans perdre le bénéfice des crédits ECTS acquis.

Modalités de candidature aux études de santé

La candidature aux études de santé via la LAS peut s’effectuer à l’issue de la première, deuxième ou troisième année de licence, sous réserve de remplir certaines conditions :

L’étudiant doit avoir validé son année de licence (60 ECTS) avec un niveau suffisant, généralement défini par chaque université.Il doit avoir suivi et validé les enseignements de la mineure santé.Il ne doit pas avoir déjà candidaté deux fois aux études de santé (que ce soit via PASS ou LAS).

Comme pour le PASS, la sélection s’effectue généralement en deux temps : une phase d’admissibilité basée sur les résultats académiques, suivie d’une phase d’admission comportant des épreuves orales ou l’examen approfondi du dossier.

Un point notable : l’étudiant en LAS qui n’est pas admis en études de santé lors de sa première candidature peut poursuivre son parcours en licence et tenter une seconde fois sa chance l’année suivante, à condition d’avoir progressé dans son cursus (passage en L2 ou L3).

Avantages et défis de la LAS

La LAS offre plusieurs avantages distinctifs. Elle permet une formation plus équilibrée et moins stressante que le PASS, avec une charge de travail mieux répartie. Elle garantit une véritable sécurisation du parcours universitaire, l’étudiant pouvant poursuivre dans sa licence principale en cas d’échec. Elle favorise l’acquisition de compétences diversifiées, particulièrement précieuses pour les futurs professionnels de santé.

Néanmoins, ce parcours présente certains défis. La gestion simultanée de deux domaines d’études (la majeure disciplinaire et la mineure santé) exige une organisation rigoureuse et des capacités d’adaptation importantes. Les enseignements de santé étant moins approfondis qu’en PASS, l’étudiant doit fournir un travail personnel conséquent pour compléter sa formation médicale. Enfin, la diversité des LAS selon les universités peut créer des disparités dans la préparation aux épreuves de sélection.

Les universités françaises ont développé des approches variées pour l’organisation des LAS, certaines proposant des enseignements de santé en présentiel, d’autres en distanciel, certaines regroupant les étudiants LAS pour ces enseignements, d’autres les intégrant aux cours des étudiants PASS.

Comparaison stratégique : choisir entre PASS et LAS

Face à ces deux voies d’accès aux études de santé, les lycéens et leurs familles se trouvent confrontés à un choix stratégique complexe. La décision entre le PASS et la LAS doit prendre en compte de multiples facteurs, tant académiques que personnels.

Analyse comparative des chances de réussite

Les statistiques des premières promotions issues de la réforme révèlent des tendances intéressantes concernant les taux de réussite respectifs du PASS et de la LAS. Selon les données du Ministère de l’Enseignement Supérieur, les places en filières de santé sont généralement réparties avec environ 60% pour les étudiants issus du PASS et 40% pour ceux issus des LAS, avec des variations selon les universités.

En termes de taux de réussite bruts, le PASS affiche souvent des pourcentages légèrement supérieurs à la LAS pour l’accès en deuxième année de médecine. Toutefois, cette statistique doit être nuancée par plusieurs facteurs :

  • Les effectifs en PASS sont généralement plus importants qu’en LAS
  • Les profils des étudiants diffèrent entre les deux voies
  • La LAS offre une seconde chance plus structurée en cas de premier échec

Un élément fondamental à considérer est la notion de « réussite globale » du parcours universitaire. Si l’on considère non seulement l’admission en études de santé mais aussi la valorisation du parcours en cas de réorientation, la LAS présente des avantages significatifs en termes de sécurisation du cursus.

Critères de choix personnalisés

Le choix entre PASS et LAS doit s’appuyer sur une analyse personnalisée de plusieurs critères :

Le profil académique : Les étudiants ayant un profil scientifique solide et homogène (spécialités mathématiques, physique-chimie, SVT au lycée) peuvent s’orienter vers le PASS avec confiance. Ceux présentant des compétences plus diversifiées ou un intérêt marqué pour une discipline particulière trouveront dans la LAS un cadre plus adapté.

Le degré de certitude du projet professionnel : Pour les lycéens absolument déterminés à intégrer une filière de santé, le PASS représente la voie la plus directe. En revanche, ceux qui souhaitent conserver une ouverture vers d’autres horizons professionnels gagneront à privilégier la LAS.

La capacité à gérer le stress et la pression : Le PASS impose un rythme de travail intense et une pression constante liée à la sélection. Les étudiants qui s’épanouissent dans des environnements moins compétitifs pourront préférer la LAS, qui offre un cadre d’études plus équilibré.

Les aptitudes à l’organisation personnelle : La LAS exige une capacité d’organisation supérieure pour jongler entre deux domaines d’études distincts. Les étudiants particulièrement rigoureux dans leur méthodologie de travail y trouveront un avantage.

L’offre spécifique des universités

Un facteur déterminant, souvent sous-estimé, concerne les spécificités de l’offre de formation de chaque université. Chaque établissement a développé sa propre interprétation de la réforme, créant ainsi des variations significatives dans l’organisation des parcours.

Certaines universités ont développé des dispositifs d’accompagnement particulièrement robustes pour les étudiants en PASS (tutorat, enseignants référents, séances de méthodologie). D’autres ont mis l’accent sur l’intégration des étudiants LAS, avec des passerelles facilitées et des enseignements de santé particulièrement adaptés.

La diversité des mineures proposées en PASS et des majeures accessibles en LAS varie considérablement d’une université à l’autre. Cette offre peut constituer un critère de choix déterminant, notamment pour les étudiants ayant des centres d’intérêt spécifiques.

La proximité géographique reste un facteur non négligeable, particulièrement pour les filières à numerus clausus comme les études de santé. Intégrer l’université de son territoire peut représenter un avantage en termes de connaissance du système local et d’adaptation aux spécificités régionales.

Préparer sa réussite : stratégies et conseils pratiques

Au-delà du choix initial entre PASS et LAS, la réussite dans ces parcours exigeants repose sur la mise en œuvre de stratégies d’apprentissage efficaces et une préparation minutieuse. Voici des conseils concrets pour optimiser ses chances d’admission en études de santé.

Préparation en amont et transition lycée-université

La préparation aux études de santé commence idéalement avant même l’entrée à l’université. Pendant l’année de terminale, plusieurs actions peuvent s’avérer déterminantes :

  • Consolider ses bases scientifiques, particulièrement en biologie, chimie et physique
  • Développer des méthodes de travail efficaces et une capacité d’apprentissage autonome
  • Se familiariser avec le vocabulaire médical et scientifique de base
  • Rencontrer des professionnels de santé pour affirmer sa motivation
  • Participer aux journées portes ouvertes des universités pour comprendre les spécificités locales

La transition entre le lycée et l’université constitue un défi majeur pour de nombreux étudiants. Le volume de connaissances à assimiler, l’autonomie requise et le rythme soutenu des enseignements nécessitent une adaptation rapide. Pour faciliter cette transition, plusieurs dispositifs existent :

Les stages de pré-rentrée organisés par les universités ou les associations étudiantes permettent de se familiariser avec les attentes et les méthodes universitaires.Le tutorat, généralement assuré par des étudiants plus avancés, offre un accompagnement précieux tant sur le plan méthodologique que sur le contenu des enseignements.Les ressources numériques mises à disposition par les universités (cours en ligne, exercices d’auto-évaluation, forums d’entraide) constituent des supports complémentaires essentiels.

Méthodologie de travail adaptée aux spécificités de chaque voie

Les exigences du PASS et de la LAS diffèrent sensiblement et nécessitent des approches méthodologiques distinctes.

Pour le PASS, la méthodologie recommandée s’articule autour de plusieurs principes :

Un travail régulier et intensif, avec une planification hebdomadaire rigoureuse couvrant l’ensemble des matières.Une pratique systématique des QCM et des exercices d’application, formats privilégiés des évaluations.L’élaboration de fiches synthétiques permettant de structurer et mémoriser efficacement les connaissances.La participation à des séances collectives d’entraînement et de révision pour confronter sa compréhension à celle des autres.Une attention particulière à la mineure, souvent négligée mais déterminante pour la réorientation potentielle.

Pour la LAS, l’approche méthodologique doit intégrer la dualité du parcours :

Une organisation du temps de travail équilibrée entre la majeure disciplinaire et la mineure santé, avec un planning adapté aux pics d’intensité de chaque domaine.Le développement de synergies cognitives entre les deux champs d’étude, en identifiant les concepts transversaux et les complémentarités.L’utilisation de ressources complémentaires (manuels, plateformes en ligne, vidéos pédagogiques) pour approfondir les notions médicales abordées plus succinctement qu’en PASS.La constitution d’un réseau d’entraide avec des étudiants suivant le même parcours, facilitant le partage de ressources et d’informations.Une vigilance constante quant aux modalités spécifiques de candidature aux filières de santé propres à chaque université.

Préparation aux épreuves orales et valorisation du parcours

La réforme des études de santé a introduit ou renforcé la dimension qualitative de la sélection, notamment à travers des épreuves orales ou l’examen approfondi des dossiers. Cette évolution majeure nécessite une préparation spécifique.

Les épreuves orales peuvent prendre diverses formes selon les universités : entretiens de motivation, analyses de situations, mini-débats éthiques, présentations de projets personnels. Pour s’y préparer efficacement, plusieurs démarches sont conseillées :

S’informer précisément sur le format des épreuves dans l’université visée.S’entraîner régulièrement à l’expression orale, idéalement face à des interlocuteurs variés.Développer une réflexion approfondie sur ses motivations et son projet professionnel, en s’appuyant sur des expériences concrètes.Se tenir informé de l’actualité du monde médical et des enjeux contemporains de santé publique.Travailler sa posture, sa gestuelle et sa capacité à gérer le stress en situation d’évaluation.

La valorisation du parcours personnel constitue un élément désormais déterminant dans la sélection. Les compétences transversales, les expériences extra-universitaires et l’engagement personnel sont pris en compte. Il est donc recommandé de :

Documenter ses activités associatives, sportives ou culturelles, en mettant en évidence les compétences développées.Saisir les opportunités de stages d’observation en milieu médical ou paramédical.Participer à des événements liés au monde de la santé (conférences, forums, actions de prévention).Développer des compétences complémentaires valorisantes (langues étrangères, compétences numériques, premiers secours).

Perspectives d’évolution et adaptations nécessaires

La réforme des études de santé, bien que relativement récente, fait déjà l’objet d’ajustements continus et d’analyses prospectives. Comprendre les dynamiques d’évolution de ce système permet aux futurs étudiants de mieux anticiper leur parcours et d’adapter leurs stratégies.

Premiers bilans et ajustements de la réforme

Les premiers retours d’expérience sur la mise en œuvre du système PASSLAS ont mis en lumière plusieurs points d’attention et ont conduit à des ajustements significatifs.

Le principal défi identifié concerne l’équilibrage des chances de réussite entre les deux voies. Certaines universités ont observé des disparités importantes dans les taux d’admission, nécessitant une révision des quotas alloués à chaque parcours. Cette problématique a conduit le Ministère de l’Enseignement Supérieur à recommander une harmonisation progressive des pratiques entre établissements.

L’accompagnement pédagogique des étudiants en LAS a fait l’objet d’améliorations notables. Face au constat de difficultés d’intégration des enseignements de santé dans des cursus disciplinaires variés, de nombreuses universités ont développé des dispositifs spécifiques : modules de mise à niveau, ressources pédagogiques dédiées, tutorats ciblés.

La question de la réorientation des étudiants non admis en études de santé reste un point sensible. Si le système prévoit théoriquement des passerelles fluides, la réalité du terrain a parfois révélé des obstacles administratifs ou pédagogiques. Des efforts ont été déployés pour faciliter ces transitions, notamment à travers la reconnaissance plus systématique des crédits ECTS acquis.

Les modalités d’évaluation font également l’objet d’ajustements progressifs. La part accordée aux épreuves orales et à l’examen qualitatif des dossiers tend à s’accroître, reflétant la volonté de sélectionner des profils diversifiés et de valoriser des compétences transversales essentielles à l’exercice des professions médicales.

L’impact des évolutions sociétales et sanitaires

Les études de santé s’inscrivent dans un contexte sociétal et sanitaire en mutation rapide, qui influence inévitablement leur organisation et leur contenu.

La crise sanitaire liée au COVID-19 a profondément marqué le secteur de la santé et, par extension, la formation des futurs professionnels. Cette expérience collective a renforcé l’attention portée à certaines compétences : gestion de crise, adaptabilité, communication scientifique auprès du grand public. Les curricula des études médicales intègrent progressivement ces dimensions.

L’évolution démographique française, caractérisée par le vieillissement de la population et la concentration des besoins médicaux dans certains territoires, influence les politiques de formation en santé. La question de la répartition territoriale des futurs professionnels devient centrale, avec des incitations croissantes à l’installation dans les zones sous-dotées.

Les attentes sociétales envers les professionnels de santé se transforment également. L’empathie, l’écoute, la capacité à intégrer les dimensions psychosociales dans la prise en charge sont désormais valorisées au même titre que l’expertise technique. Cette évolution se traduit progressivement dans les critères de sélection des étudiants.

Le développement accéléré des technologies numériques en santé (télémédecine, intelligence artificielle, objets connectés) crée de nouveaux besoins en compétences. Les formations médicales s’adaptent en intégrant ces dimensions, parfois dès les premières années d’études.

Conseils pour s’adapter à un système en évolution

Face à un système d’études en transformation constante, les futurs étudiants doivent développer des stratégies d’adaptation spécifiques.

La veille informationnelle constitue un premier levier fondamental. Il est recommandé de :

  • Suivre régulièrement les communications officielles des universités et du ministère
  • Consulter les sites des associations étudiantes, souvent bien informées des évolutions à venir
  • Participer aux forums d’orientation et aux journées portes ouvertes, occasions privilégiées pour obtenir des informations actualisées
  • S’abonner aux newsletters spécialisées dans l’enseignement supérieur et les études de santé

Le développement d’une flexibilité cognitive et méthodologique représente un atout majeur. Les étudiants gagneront à :

Cultiver leur capacité d’adaptation aux changements de formats pédagogiques ou évaluatifs.Diversifier leurs méthodes de travail et leurs sources d’apprentissage.Rester ouverts à différentes trajectoires professionnelles au sein du vaste domaine de la santé.Développer une approche réflexive de leur apprentissage, en analysant régulièrement l’efficacité de leurs stratégies.

L’engagement dans des réseaux d’entraide et de partage d’expériences facilite grandement l’adaptation. Il est conseillé de :

Rejoindre des groupes d’étudiants, physiques ou virtuels, permettant l’échange d’informations et de ressources.Maintenir le contact avec des étudiants plus avancés dans le cursus, sources précieuses de conseils pratiques.Participer aux initiatives de tutorat et de mentorat proposées par les universités ou les associations.Contribuer à des projets collectifs liés au domaine de la santé, occasions d’apprentissage informel et de mise en réseau.

En définitive, la capacité à naviguer dans un système en évolution repose sur un équilibre entre la solidité des connaissances fondamentales et l’agilité à intégrer de nouvelles approches. Les étudiants qui cultivent cette double compétence optimisent leurs chances de réussite dans un parcours qui, malgré ses transformations, reste exigeant et sélectif.

Vers un choix éclairé pour votre avenir médical

Au terme de cette analyse approfondie des voies d’accès aux études de santé, il apparaît clairement que le choix entre PASS et LAS doit résulter d’une réflexion personnalisée, prenant en compte de multiples dimensions. Cette décision constitue une étape fondatrice dans la construction d’un parcours professionnel ambitieux et épanouissant.

Synthèse des éléments décisionnels

Pour faciliter cette prise de décision complexe, récapitulons les principaux éléments à considérer :

Le PASS se caractérise par :

  • Une immersion intensive dans les disciplines fondamentales de la santé
  • Un parcours concentré sur un an, sans possibilité de redoublement
  • Un environnement hautement compétitif et stimulant
  • Une mineure disciplinaire permettant une réorientation en cas d’échec
  • Un format adapté aux profils scientifiques solides et aux étudiants certains de leur vocation

La LAS se distingue par :

  • Une formation équilibrée entre une discipline principale et une mineure santé
  • La possibilité de candidater aux études de santé sur plusieurs années
  • Un cadre d’études moins pressurisant, favorisant l’épanouissement intellectuel
  • Une sécurisation du parcours universitaire, avec progression garantie dans la licence principale
  • Un format adapté aux profils diversifiés et aux étudiants souhaitant explorer différentes options

Au-delà de ces caractéristiques intrinsèques, la décision doit intégrer des facteurs personnels déterminants :

Votre profil académique antérieur et vos points forts disciplinaires

Votre rapport au stress et votre capacité à maintenir un rythme de travail intense

Votre degré de certitude quant à votre projet professionnel en santé

Vos centres d’intérêt intellectuels et votre appétence pour la pluridisciplinarité

Vos contraintes personnelles (géographiques, financières, familiales)

L’importance d’une orientation personnalisée

Face à la complexité de ce choix, le recours à des dispositifs d’orientation personnalisée s’avère particulièrement précieux. Plusieurs ressources peuvent être mobilisées :

Les conseillers d’orientation des lycées et des universités disposent d’une expertise précieuse pour analyser votre profil et vos aspirations. Un entretien approfondi permet souvent de clarifier des questionnements complexes.

Les forums d’orientation spécialisés dans les études de santé rassemblent étudiants, enseignants et professionnels. Ces événements offrent une vision concrète des différents parcours et facilitent les échanges directs avec des personnes expérimentées.

Les témoignages d’étudiants actuellement engagés dans ces filières constituent des sources d’information particulièrement authentiques. De nombreuses associations étudiantes organisent des permanences ou des sessions de questions-réponses pour les lycéens.

Les services d’orientation des universités proposent généralement des rendez-vous individualisés permettant d’explorer en détail l’offre de formation spécifique de l’établissement et les particularités locales de mise en œuvre de la réforme.

Se projeter au-delà de la première année

Une approche éclairée de l’orientation vers les études de santé implique de se projeter au-delà des premières étapes du parcours. Les filières médicales et paramédicales ouvrent sur une extraordinaire diversité de carrières et de spécialisations.

La médecine elle-même comprend plus de 40 spécialités différentes, des plus techniques (chirurgie, radiologie) aux plus relationnelles (psychiatrie, médecine générale), en passant par des domaines de pointe (génétique médicale, médecine spatiale).

Les études de pharmacie conduisent à des carrières variées : officine, industrie pharmaceutique, recherche, biologie médicale, avec des possibilités d’évolution vers le management, le marketing spécialisé ou l’entrepreneuriat.

L’odontologie offre des perspectives de spécialisation (orthodontie, chirurgie maxillo-faciale) et d’exercices diversifiés (libéral, hospitalier, humanitaire).

La maïeutique (sage-femme) évolue vers des responsabilités élargies en matière de suivi gynécologique et de prévention, avec des possibilités d’exercice en établissement ou en libéral.

Au-delà des filières classiques, de nouveaux métiers émergent à l’interface de la santé et d’autres domaines : ingénierie biomédicale, data science appliquée à la santé, coordination de parcours de soins, médiation en santé, etc.

Cette richesse des possibles invite à considérer le choix entre PASS et LAS non comme une fin en soi, mais comme la première étape d’un cheminement professionnel qui se construira progressivement, au fil des découvertes et des expériences. La réforme des études de santé, en diversifiant les profils et les parcours, contribue à cette vision dynamique et évolutive des carrières médicales.

En définitive, que vous optiez pour le PASS ou la LAS, l’engagement, la persévérance et la passion pour le domaine de la santé demeureront les moteurs fondamentaux de votre réussite. Ces qualités, conjuguées à une stratégie d’orientation réfléchie et personnalisée, vous permettront de tracer votre propre chemin vers une carrière médicale épanouissante et alignée avec vos aspirations profondes.